Far Cry 5 a plusieurs années au compteur, et pourtant la démo prise en main à la Paris Games Week reste un excellent baromètre de ce que le jeu proposait vraiment. Pas de blabla marketing : voici ce qui collait, ce qui coinçait, et comment en tirer encore quelque chose aujourd’hui.
C’est parti.
Hope County, adieu les tropiques
Oubliez les plages de Far Cry 3 et la jungle de Far Cry 4. Ici vous atterrissez dans le Montana fictif de Hope County : collines, fermes, routes droites, silos, églises et une secte armée jusqu’aux dents. La carte s’inspire de vrais paysages américains, mais elle est taillée pour le chaos open world Ubisoft : avant-postes, tours radio, routes à contrôler, civils à libérer.
Sur la démo (session PS4 Pro à l’époque), le chargement initial était long. Vous aviez le temps d’aller chercher un café. Ensuite, choix de personnage : homme, femme… et le gag du chien qui a fait le tour des stands. Rien de révolutionnaire sur la customisation face caméra. Le vrai sujet, c’est ce que vous faites une fois dehors.
L’identité visuelle marque tout de suite. Fini l’exotisme tropical : place aux champs de blé, aux granges rouges, aux pick-up poussiéreux et aux croix plantées au bord des routes. La direction artistique porte le ton thriller rural mieux que la tech pure de l’époque.
Les premières minutes : tour, zone, récompenses
Le pitch de départ de la démo collait au schéma série : libérer une tour ou nettoyer une zone, récupérer du loot et débloquer l’accès aux commerces locaux. Si vous avez fait Far Cry 4, vous n’êtes pas perdu. L’ambiance, elle, tire plus vers le thriller rural américain que vers l’exotisme : miliciens de l’Éden’s Gate, prêches à la radio, otages, check-points improvisés.
Après le nettoyage, un PNJ pasteur vous balance une mission à l’autre bout de la carte. À pied, c’est absurde. D’où l’intérêt immédiat des véhicules — le vrai sel de cette prise en main. La démo forçait presque ce constat : sans mobilité, Hope County devient une corvée. Avec un engin sous le pied, le sandbox s’ouvre.
À noter : le loop « observer → préparer → frapper → loot » était déjà en place. Rien de nouveau pour les habitués, mais l’exécution restait propre et lisible en quelques minutes de stand.
Véhicules : le fun commence là
À côté de la zone nettoyée : un tracteur et un pick-up. Prenez le tracteur. Sérieusement. Écraser un patrouilleur de la secte avec un engin agricole reste l’un des meilleurs arguments marketing non officiels du jeu. La physique n’est pas un simulateur agricole, mais le feeling « je défonce tout et je m’en fous » est bien là.
Vous croisez aussi des alliés capables de piloter (avion inclus). Dans la démo, le temps manquait pour une vraie session aérienne complète, mais le fantasme est clair : mitrailler depuis le ciel, repérer un troupeau, et oui, faire exploser une vache parce que Far Cry. Si vous rejouez le jeu complet (version PC surtout), testez tôt les appareils volants : la carte est grande, les raccourcis aériens changent la donne pour les objectifs secondaires et les chasses aux collectibles.
- Pick-up : polyvalent, benne utile, bon pour les fusillades mobiles et le transport d’alliés.
- Tracteur / engins lents : mème walking simulator meurtrier, parfait pour le chaos local et les clips absurdes.
- Avion / hélico (hors démo courte) : mobilité et tirs d’opportunité, à maîtriser pour les zones denses et les extractions rapides.
- Motos et quads : idéaux pour les chemins de traverse et les fuites après un avant-poste bruyant.
Conseil pratique : dès que vous contrôlez une zone, repérez le garage ou le point de spawn véhicule le plus proche. Sur PC, avec un SSD, les allers-retours ne punissent plus comme sur disque dur mécanique de l’époque console.
Gameplay : familier, efficace, pas une révolution
Au feeling armes + déplacement, on est bien dans un Far Cry moderne de l’époque : couverture légère, armes variées, compagnons, prise d’avant-postes. Certains passages de la démo basculaient presque en mode « capture de zone à la Call of Duty / mode objectif », ce qui peut plaire ou agacer selon votre appétit pour le sandbox pur.
Pas de big bang mécanique par rapport à Far Cry 3/4 : vous explorez, vous libérez, vous craftez, vous revenez plus fort. La différence, c’est le ton (secte américaine, propagande, humour noir) et la densité d’événements sur la route. Visuellement, sur PS4 Pro la démo était propre sans viser le photoréalisme : bons contrastes diurnes, végétation correcte, direction artistique plus mémorable que la tech pure.
Les armes de la démo couvraient le classique : fusil d’assaut polyvalent, fusil de chasse pour le contact, sniper pour les tours et les sentinelles. Le craft de munitions et de gadgets restait accessible. Rien qui force une courbe d’apprentissage lourde. C’est à la fois la force et la limite de la formule : efficace dès la première demi-heure, prévisible si vous enchaînez les épisodes de la licence.
À noter : les temps de chargement console de l’époque pesaient vraiment. Si vous y revenez, visez le PC (SSD obligatoire, NVMe de préférence) ou les versions console actuelles bien installées sur stockage rapide. Ça change l’expérience open world du tout au tout : moins de rupture de rythme, plus de place pour l’improvisation.
Rejouer Far Cry 5 correctement
La démo donnait déjà le mode d’emploi : mobilité avant rush à pied, observation avant de griller une base, exploitation du bestiaire et du terrain. Pour le confort clavier/souris sur PC, un bon périphérique change la précision des tirs longue distance et la gestion d’inventaire. Si vous optimisez votre setup FPS, jetez un œil à notre comparatif des claviers gamer : switches, anti-ghosting et repose-poignets, ce n’est pas du luxe sur les sessions longues à Hope County.
Quelques réglages concrets à vérifier avant de relancer une partie en :
- Verrouillez une fréquence d’images stable (écran 144 Hz ou plus si possible) : le feeling armes y gagne tout de suite.
- Baissez ou désactivez le motion blur et le depth of field si vous visez la lisibilité en combat.
- Mappez correctement les roues d’armes et les gadgets : en plein chaos sectaire, vous n’avez pas le temps de fouiller les menus.
- Activez un FOV confortable sur PC : la démo console était plus « serrée », le PC permet d’ouvrir le champ et d’anticiper les flancs.
Vous streamez ou vous enregistrez des runs « pacifiste en tracteur » / speed clear d’avant-postes ? Gardez une scène propre, un bitrate stable et une capture jeu sans moniteur noir. Le guide pour configurer OBS pour streamer vous évitera les classiques (encodage saturé, desync audio, overlay illisible). Far Cry 5 reste un bon titre « content » : explosions, poursuite, humour noir, moments scriptés qui passent bien en direct.
Côté progression, ne négligez pas les compagnons et les compétences de mobilité. La démo montrait à peine la surface. En jeu complet, un build orienté furtif + véhicule d’extraction ou un build bruit et fureur changent radicalement la façon dont vous abordez chaque région des Hérauts.
Ce que la démo ne montrait pas (et pourquoi le jeu complet comptait)
Une démo PGW, c’est un corridor d’attractions : une zone, deux véhicules, une mission fil rouge. Le jeu retail ajoutait la structure des régions tenues par les Hérauts, le système de résistance, les compagnons recrutables plus marqués, et surtout le rythme « vous faites trop de bruit → la secte vous tombe dessus ». C’est ce pivot narratif et systémique qui a divisé à la sortie : certains adoraient la pression permanente, d’autres auraient voulu un Far Cry plus sandbox libre sans filet.
Le titre se reprend surtout pour le sandbox et le ton qu’il a. Les scripts d’IA et certaines quêtes annexes ont vieilli plus vite que la direction artistique. Les dialogues radio et la propagande d’Éden’s Gate tiennent encore la route. La boucle « je prépare mon approche → je déraille → je fuis en pick-up » reste solide, surtout si vous vous imposez des défis maison (pas d’arme automatique, tracteur only, no HUD, etc.).
Le mode coop local/online et les outils de création (maps, arcade) ont aussi prolongé la durée de vie au-delà de la campagne. Si vous revenez purement pour l’histoire, prévoyez une dizaine d’heures selon votre rythme d’exploration. Si vous videz la carte et les activités, comptez nettement plus.
Verdict express sur cette démo
Difficile de noter un jeu entier sur 20 à 30 minutes de stand. Cette démo, elle, faisait le job : vous vendre Hope County, le fun véhicule, et l’identité « USA rural vs secte » sans spoiler le fond du scénario. Pas de révolution Far Cry, une exécution confiante dans les codes de la série, avec un décor qui changeait enfin des jungles et des plages.
La démo reste utile comme test de feeling si vous hésitez à relancer le full game pendant une soldes. Le message est clair : prenez un véhicule tôt, observez avant de tirer, et laissez le chaos faire le reste. Sur PC bien équipé, avec stockage rapide et un clavier/souris corrects, Far Cry 5 n’a pas la fraîcheur d’un sorti de l’année, mais il offre encore une boucle sandbox efficace et un ton mémorable.
Si vous n’avez jamais mis les pieds à Hope County, commencez par une zone libre, testez le tracteur, puis montez en puissance. Si vous y revenez pour le fun pur, imposez-vous des contraintes absurdes : c’est souvent là que le jeu se révèle le plus drôle. Bon voyage dans le Montana — et méfiez-vous des prêches à la radio.